C’est dans la reconnaissance de l’espace et du territoire comme une composante majeure de la dynamique des faits sociaux — à la fois produits et producteurs de logiques —, que l’équipe trouve sa cohésion scientifique. Attentive aux échelles, du local au global, elle développe des études sur le territoire et la ville, dans la diversité de leurs temporalités et de leurs enracinements géographiques.
L’articulation entre configurations spatiales et sociétés est saisie selon une approche résolument fondée sur la profondeur historique. Sa mise en œuvre se défend des impasses auxquelles prédisposent des lectures régies par un déterminisme spatial ou un fonctionnalisme excessifs. Les organisations territoriales sont ici conçues comme des compositions de strates issues d’âges et de structures multiples, réglées par des rapports de concurrence, de compromis, en constante renégociation.
Il s’agit non seulement d’identifier ces strates (et ces temporalités) dans leur émergence et leur évolution ; mais aussi d’élucider le principe des changements témoins d’un volontarisme plus affirmé. Ces deux procédures font porter l’attention sur les logiques d’acteurs, et sur la façon dont elles aménagent enjeux sociaux (économiques, politiques) et ressources argumentaires empruntées à la connaissance savante ou à la pratique sociale.